Somnambule : elle reproduisait le son du violon

Publié le 16 avril 2026 à 08:47

Une fillette de sept ans, occupée à la ferme à conduire un troupeau, avait l’habitude de dormir dans une pièce séparée d’une autre  chambre par une mince cloison. Dans cette autre pièce, un violoniste passait souvent une partie de la nuit à jouer de son instrument. Pour l’enfant, la musique entendue n’était qu’un bruit désagréable. Au bout de six mois dans cette ferme, l’enfant tomba malade et fut conduite chez une dame charitable qui, après sa convalescence, l’employa comme domestique.


Quelques années plus tard, tout le monde pouvait entendre pendant la nuit une très belle musique provenant de la chambre à coucher de la domestique. Curieusement, la jeune fille dormait mais modulait des sons absolument semblables à ceux d’un petit violon. Le concert dura deux heures avant qu’elle ne commence à s’agiter, préluda par des notes qui semblaient venir d’un violon, puis elle exécuta avec précision des morceaux de musique dont le son émis ressemblait aux plus délicates modulations de cet instrument. Parfois, elle s’arrêtait comme pour l’accorder et recommençait à exécuter le morceau de musique au passage précis où elle l’avait laissé.


Ces nuits musicales avaient lieu à des intervalles irréguliers allant d’une à vingt nuits. Moins de deux ans plus tard, le sens musical nocturne se reproduisit avec le son du piano que la jeune fille entendait dans la maison, puis elle se mit à chanter, imitant les voix des personnes de la famille.


La troisième année, elle parla dans son sommeil s’imaginant donner des leçons à une compagne plus jeune. Elle parlait souvent et avec clarté sur différents sujets politiques ou religieux, sur les nouvelles du jour, les caractères des personnages publics et surtout sur ceux de la famille. Elle montrait beaucoup de discernement et pouvait être sarcastique. La justesse et la vérité de ses propos sur tous les sujets étonnaient ceux qui connaissaient les moyens limités de ses acquisitions intellectuelles.


Pendant ces périodes étranges, il était difficile de la réveiller, la pupille restait insensible à la lumière. Le plus extraordinaire,
c’est qu’elle pouvait répondre aux questions qui lui étaient adressées. Cet état particulier dans son sommeil se prolongea
pendant une dizaine d’années. Au réveil, elle se montrait bornée et maladroite, très lente à recevoir une quelconque instruction. Elle n’avait aucune aptitude pour la musique et ne souvenait pas de ce qui se passait dans son sommeil. Dans ce cas de
somnambulisme naturel, l’esprit dégagé momentanément des entraves du corps, retrouve une partie des facultés musicales et
intellectuelles, inconscientes à l’état de veille.

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