Sauvés par le rêve

Publié le 26 mai 2026 à 08:19

• Le 7 novembre 1850, la femme d’un des mineurs de la charbonnerie de Belfast rêve que la corde qui sert à descendre au puits de
la mine est coupée. Le mari n’y attache pas vraiment beaucoup d’importance mais prévient ses camarades. À la grande surprise de
tous, en vérifiant l’état de la corde, on la trouva hachée à plusieurs endroits, ce qui aurait fatalement entraîné les mineurs à la mort.

 

• Plusieurs nuits de suite, une jeune femme rêve qu’elle se voit brûlée vive avec son mari dans un incendie. À chaque fois, alors
qu’elle est éloignée de la maison, elle avertit son époux qui, sur ses insistances, finit par quitter la maison. Le lendemain, elle
reçoit un télégramme lui annonçant l’incendie total de leur maison. Une prémonition entendue montre que ce qui a été perçu
peut être modifié par des actions de prévention. Il n’y a pas de fatalité…


• John W. Dunne qui a écrit Le temps et le rêve, fut très marqué dans sa jeunesse par de nombreux rêves prémonitoires et en
particulier celui qu’il eut alors qu’il participait à la guerre des Boers en 1902. Il rêva qu’il assistait à l’imminente explosion
d’une île en forme de montagne, dans un pays verdoyant et tropical : «Me voilà saisi du désir frénétique de sauver les 4000
habitants (j'en connaissais le nombre) qui ne se doutaient de rien. Un seul moyen, l'évacuation par mer. Ce fut alors un affreux cauchemar au cours duquel je me voyais sur une île voisine, m'efforçant de faire réquisitionner, par d'incrédules autorités  françaises, toutes les embarcations possibles pour recueillir les habitants de l'île menacée... Renvoyé de fonctionnaires en fonctionnaires, je me démenais tant et si bien que je me réveillais... Dans ce rêve, le nombre de la population menacée fut pour moi une obsession constante. Je le répétais à tout venant, y compris au maire de l’île au moment même de mon réveil, comme un appel suprême : 4000 personnes succomberont si vous ne m’écoutez pas !» Quelques temps plus tard, Dunne reçut divers journaux dont
le Daily Telegraph où il put lire un article sur la catastrophe : «Un grand désastre à la Martinique. Saint-Pierre est englouti par une irruption volcanique. Une avalanche de feu fait 40 000 victimes. Un paquebot anglais est la proie des flammes. Dans une autre colonne, il remarqua le titre suivant : Une montagne explose.» faisant 40 000 victimes. Ce fut une révélation. Il associa la catastrophe de la montagne Pelée, le 8 mai 1902, qui raya de la carte Saint Pierre et le Prêcheur, à son rêve prémonitoire. Le bouchon de lave qui obstruait le cratère a résisté à la pression des gaz qui faisaient alors éclater la partie la plus fragile du Mont Pelée. Un peu avant 8 heures du matin, la nuée ardente frappa Saint-Pierre. La pression des gaz, projetés à haute vitesse, renversa tout sur son passage. En quelques secondes, toute trace de vie disparaissait. Maisons et monuments étaient soufflés. De solides murs de pierre, larges d’un mètre, s’effondraient. 30 000 personnes mouraient instantanément, démantibulées, asphyxiées sur place par la violence du choc. Cette coïncidence l’invita à noter ses rêves, même les plus insignifiants.

 


• Une nuit, la princesse de Conti vit en songe un appartement de son palais prêt à s’écrouler et ses enfants qui y couchaient, sur le
point d'être ensevelis sous les ruines. Ce cauchemar la réveilla et aussitôt elle demanda aux femmes qui dormaient près d’elle de
lui apporter ses enfants qui se trouvaient dans un autre endroit du palais. Ses femmes lui résistèrent en citant l’ancien proverbe
que tout songe est mensonge. La princesse commanda qu’on allât les chercher. La gouvernante et les nourrices firent semblant
d’obéir, puis revinrent sur leurs pas disant que les jeunes princes dormaient tranquillement et que ce serait un crime de troubler
leur repos. La princesse voyant leur obstination et peut-être leur tromperie, demanda fièrement sa robe de chambre. Il n’y eut plus moyen de reculer. On alla chercher les jeunes princes qui furent à peine dans la chambre de leur mère que leur appartement s’écroula. 

 

• Le peintre surréaliste Victor Brauner peint un autoportrait en 1932 intitulé Autoportrait à l’œil énucléé. Sur ce tableau, il se
représente avec l’œil droit crevé. C’est six ans plus tard en août 1938 que, lors d’une dispute entre Estéban Frances et Oscar
Dominguez (deux autres peintres), il reçoit un verre au visage, le privant définitivement de son œil gauche.

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