Dans l’Ancien Testament, il est peu question de description du mal ou du démon, c’est surtout dans le Nouveau Testament que
l’on retrouve beaucoup d’éléments sur le démon ou Satan. C’est Jésus qui vient parler de ces démons qui peuvent influencer les
hommes dans leurs mauvais penchants. Il donne le pouvoir à ses disciples de guérir mais aussi de chasser les démons. Dans
l’évangile selon Marc, il est raconté que : «Dès le début de son ministère, à Capharnaüm, Jésus chasse les démons. Il y avait dans
leur synagogue un homme possédé d’un esprit impur, il criait en disant : - Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu
pour nous perdre ? Je sais qui tu es... Alors, Jésus le menaça en lui disant : - Tais-toi et sors de lui...» Il est souvent fait référence
par les prêtres exorcistes à cette maxime de Jésus : «Ne nous soumets pas à la tentation et délivre-nous du mal.» Dans les premiers âges du christianisme, l’Église considérait la majorité des marginaux comme des possédés ou des sorciers qui avaient succombé à la tentation. De nombreuses personnes ont été victimes de la vindicte de l’Église quant à des comportements appropriés
ou non pour un bon chrétien. Ceux qui osaient contredire ce diktat religieux étaient jugés, montrés du doigt, bannis, voire torturés et condamnés à brûler sur le bûcher de l’Inquisition. Certaines personnes, alors qu’elles avaient plutôt besoin de soins, étaient
considérées comme possédées tandis que Jésus faisait toujours la distinction entre le malade et le possédé. Pour le premier, il
avait des gestes thérapeutiques comme l’imposition des mains ; pour le second, il donnait des ordres à l’esprit de l’intrus qui était
la cause des vicissitudes du souffrant.
L’Église a mûri dans sa réflexion concernant la possession. Aujourd’hui, on peut affirmer que les prêtres exorcistes en intégrant à leur équipe des religieux ainsi que des laïcs, sont plus à l’écoute des réalités de nos sociétés. Récemment, un prêtre
exorciste d’un diocèse d’Ile de France expliquait qu’avant de pratiquer un exorcisme sur un individu, il fallait savoir l’écouter
afin de savoir si son problème découlait d’une fragilité psychologique ou d’un réel cas de possession. L’un de ses «bénévoles
écoutants» témoignait que la majorité des personnes affirmant être possédées, certaines mêmes se disant ensorcelées, étaient
originaires d’Afrique, des Antilles ou du Portugal. Pour lui, il était alors évident que beaucoup d’entre elles étaient influencées par
leurs cultures et un certain mysticisme environnant. Le prêtre de ce diocèse a affirmé également qu’il avait dû aider des per
sonnes qui étaient réellement possédées, qu’il avait même une fois eu très peur face à un cas de possession particulièrement
violente, et qu’il était aussi confronté à des gens en souffrance qui avaient simplement besoin d’être écoutés.
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